Fouille, maison de quartier d’Avesnières (2021)


L’opération de fouille archéologique programmée, conduite au 2 rue du Ponceau à Laval, au sein du rez-de-chaussée d’un bâtiment construit entre 1905 et 1907 à l’emplacement d’un ancien cimetière, a été réalisée à la suite de la découverte fortuite d’ossements humains, apparemment en place, lors de terrassements visant à l’installation d’une cage d’ascenseur.

L’emprise étudiée, localisée en milieu urbain, présentait la particularité d’avoir été profondément anthropisée, ce qui se manifeste principalement par d’importantes modifications de la topographie naturelle. Ainsi, bien que situées sur les flancs d’un relief à la pente prononcée, les surfaces de la parcelle et, bien sûr, du bâtiment dans lequel s’est déroulée l’intervention sont aujourd’hui planes et horizontales. D’importants terrassements, visant notamment à cette régularisation du sol, ont été réalisés à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Ceux-ci ont tronqué une partie de la stratigraphie.

Nonobstant, cette intervention a donné lieu à la découverte de trois sépultures, de deux murs associés à un sol de mortier et d’un remblai de nivellement, antérieurs aux aménagements liés à la structuration et aux circulations internes actuelles du bâtiment. Parallèlement, le mobilier récolté est très peu abondant et les éléments permettant de proposer des datations pour les structures mises au jour sont extrêmement rares, voire inexistants, pour plusieurs d’entre elles, dont les sépultures. Si ces éléments demeurent donc assez succincts, ils attestent malgré tout le potentiel archéologique important de l’espace occupé par l’ancien « Grand cimetière » d’Avesnières.

Les sépultures

Prises en partie dans la berme NO-SE de l’emprise, les trois sépultures repérées n’ont été que partiellement dégagées. Pour l’une d’entre elles (F 103), très remaniée et mal conservée, seuls des ossements erratiques ont été recueillis, tandis que pour les deux autres (F 104 et F 106), dont seules les extrémités sud-ouest étaient comprises dans le secteur de fouille, seuls les crânes, très fragmentés, ont été prélevés, pour éviter leur destruction par l’aménagement. Le reste de ces deux sépultures, hors emprise et certainement en place, n’a pas été perturbé.

Le mobilier découvert dans ces structures, très peu abondant et potentiellement intrusif, ne permet pas de leur attribuer de datation. Toutefois, la première mention du « Grand cimetière » d’Avesnières, au sein duquel elles s’insèrent, remonte à la fin du 15e siècle (AD 53 H 132). Dans la lignée des courants hygiénistes, il est fermé à la fin du 19e siècle, et les dernières inhumations s’y déroulent en 1887. Les trois sépultures repérées se placent donc très certainement entre le début de la période moderne et le 19e siècle.

Les maçonneries et aménagements internes du bâtiment

Deux murs et un sol ont également été mis au jour au sein du secteur étudié, formant un ensemble vraisemblablement concomitant. De la même manière et en raison de l’exigüité de la zone fouillée, il est difficile de leur attribuer un rattachement chronologique et fonctionnel certain. Cependant, compte tenu de leur position topographique et stratigraphique, il paraît probable qu’ils soient tardifs et même postérieurs à la fermeture du cimetière en 1887, voire à l’édification du bâtiment entre 1905 et 1907. Ils pourraient alors correspondre à la mise en place d’un couloir étroit au sein de celui-ci.

En dernier lieu, des éléments relevant de l’aménagement interne actuel du bâtiment ont été repérés.