Fouille, 22 rue de l’Anjou (Entrammes) (2023)

À la suite de la découverte d’un mur, au cours de travaux de restauration, dans une maison sise au 22 rue de l’Anjou à Entrammes (53), une opération de fouille archéologique programmée a été effectuée. Celle-ci s’est déroulée le jeudi 8 décembre 2022. Elle a consisté à suivre les terrassements effectués par l’entreprise « Les maçons d’antan » (Andouille, 53) pour la réalisation des fondations d’une extension du bâtiment déjà présent dans l’emprise. Ces terrassements ont pris la forme d’un creusement au plan irrégulier, situé approximativement au centre de la parcelle. Cette tranchée d’une profondeur de l’ordre d’une soixantaine de centimètres présentait une superficie d’environ 12 m².
L’intervention a donné lieu à la découverte de cinq structures se rattachant, de par leur position stratigraphique, aux Époques Moderne et Contemporaine. Le mobilier mis au jour se rapporte, pour l’essentiel, aux mêmes périodes, bien que la présence d’objets résiduels médiévaux puisse être relevée. Aucun indice d’occupation protohistorique ou antique n’a en revanche été perçu.
Des murs modernes ?
Parmi les structures mises au jour se distingue un mur orienté selon un axe SE-NO, suivi sur 9,25 m de longueur. La proposition d’attribution de cette maçonnerie à l’Époque Moderne repose sur une base très ténue, à savoir sa position stratigraphique. Il était en effet creusé dans un remblai ayant livré deux tessons de céramique postérieurs à la fin du 16e siècle.
Il peut être relevé que l’orientation de ce mur n’est pas cohérente avec celle des constructions actuelles du secteur. Il est en revanche perpendiculaire à un autre mur découvert par les artisans à l’intérieur de la maison en rénovation. La découverte de ce mur est à l’origine de la prescription de la présente intervention. Toutefois, il avait déjà été arasé lors de l’arrivée des archéologues sur le site. Il n’est ainsi documenté que par une photographie prise par les maçons et par un relevé topographique de son emplacement réalisé à partir de son négatif. Il est donc impossible d’affirmer que les deux murs mis au jour dans cette parcelle fonctionnaient ensemble. Ils relèvent en revanche d’une structuration de l’espace de même orientation. Celle-ci est avant tout conditionnée par le relief et se retrouve dans différentes structures découvertes à Entrammes, et datées entre la période médiévale et la fin de l’ère pré-industrielle.
Les structures témoignant de l’occupation contemporaine de la parcelle
Les autres structures mises au jour témoignent toutes de l’occupation contemporaine de la parcelle.
Le plus ancien élément de cet ensemble correspond à la structuration même de cet espace. Il s’agit de la tranchée de fondation du mur le délimitant au nord. D’après les photographies aériennes anciennes du secteur, son édification remonterait à l’intervalle compris entre 1835 et 1949.
Les trois autres structures mises au jour témoignent du fonctionnement de la parcelle au cours des 19e et 20e siècles. Il s’agit d’une cuve ayant servi de base à une pompe à bras, d’une fosse à la fonction indéterminée, mais comblée de matériaux récents, et d’une jardinière appuyée contre le mur délimitant la parcelle au sud.