Diagnostic, Place d’Avesnières – 52 allée du Ronceray (2024)


Un suivi de travaux de création de réseau sous forme de diagnostic

Le raccordement de l’ancien presbytère d’Avesnières sis au 52, allée du Ronceray à Laval ne pouvant être réalisé par voie aérienne pour des raisons techniques, le creusement d’une tranchée traversant la place de l’église, le square et longeant ensuite le chemin de halage s’est imposé.

Compte tenu des contingences techniques inhérentes aux interventions archéologiques en milieu urbain – circulation automobile et piétonnière, zone habitée et très fréquentée en raison de commerces –, du temps imparti et de la nature de l’aménagement, le service régional de l’archéologie a prescrit un diagnostic archéologique concomitant des travaux d’installation de la gaine destinée à accueillir le nouveau câble électrique. Conformément au projet scientifique d’intervention, l’emprise du diagnostic correspondait dont à celle du réseau, soit un linéaire total de 125 m, sur 1 m de large en moyenne et a porté, au contraire d’un diagnostic « classique », sur la totalité de la surface de la tranchée. Première opération d’archéologie préventive réalisée sur la place d’Avesnières, ce suivi de travaux a ainsi permis d’étudier près de 200 structures archéologiques, correspondant pour les trois quarts à des sépultures. Le sol géologique, d’origine alluvionnaire, a été atteint dans les trois sections de tranchée, à une altitude comprise entre 48,07 m NGF en tranchée 1 et 46,60 m NGF.

Le cimetière paroissial d’Avesnières (10e-17e siècle) abandonné puis transformé en place (18e-19e siècles)

Le diagnostic a mis en lumière l’utilisation du cimetière paroissial associé à l’église d’Avesnières pendant plus de sept siècles à travers 153 sépultures, dont plus d’une centaine a pu être fouillée et prélevée pour ensuite faire l’objet d’une étude anthropologique. Les sépultures non menacées de destruction par l’aménagement n’ont pas été fouillées, mais toutes ont été topographiées et décrites. En complément d’un mobilier archéologique très brassé, plusieurs datations radiocarbone ont permis d’établir la chronologie d’occupation du cimetière et de définir quatre phases principales d’inhumations, dont la plus ancienne remonte au 10e siècle. Plusieurs séquences d’arasement et de remblaiement, peut-être contemporaines des travaux de l’église, ont également pu être identifiées. Les réseaux et aménagements contemporains ont détruit une large partie des sépultures localisées au plus proche de l’église, où l’on constate une concentration importante d’individus inhumés entre le 12e et le courant du 15e siècle. Les sépultures les plus récentes sont quant à elles datées du courant du 17e siècle. Malgré des données très partielles, l’étude anthropologique a documenté l’évolution des pratiques funéraires jusqu’à l’abandon, l’arasement et le remblaiement de l’aire sépulcrale, transformée en place dans le courant des 18e-19e siècles.

Un îlot bâti au nord-est de la place (second Moyen Âge-début de l’Époque contemporaine) démantelé lors des grands travaux du dernier tiers du 19e siècle

La section nord-est du linéaire a été l’occasion d’observer les abords du cimetière médiéval et moderne. Quelques indices témoignent d’une fréquentation de cet espace, localisé immédiatement en aval d’un site de moulin, dès le second Moyen Âge. Des remaniements – creusements divers, apports de remblais – révèlent un investissement de plus en plus important de ce secteur à compter du début de l’Époque moderne, au cours de laquelle une maison dotée d’une cour et d’un jardin est édifiée. L’habitation, attestée sur plusieurs documents planimétriques, est détruite – comme les autres bâtiments proches – lors des travaux de canalisation de la Mayenne d’une part (construction de l’écluse d’Avesnières, de la maison éclusière et du chemin de halage) et d’autre part de l’aménagement du quai dit de l’Impératrice, aujourd’hui quai d’Avesnières, dans les années 1860.