Diagnostic, 66 rue de la Tuilerie (2023)

L’intervention a consisté en l’ouverture de sept tranchées, pour une surface totale de 166 m², soit 8 % de la surface prescrite, si l’on exclut la parcelle du chemin d’accès trop étroite pour y faire des sondages. L’implantation des tranchées était très contrainte par l’emprise des bâtiments, par la présence de talus abrupts, de nombreux arbres et obstacles divers.
Le substrat, sous forme de sable ocre, parcouru d’encroûtements ferrugineux, a été atteint dans les tranchées 3, 4, 5, 6 et 7, à une assez faible profondeur, entre 0,50 m (TR3) et 1,20 m (TR4). Le terrain présente un relief contrasté, la moitié sud et est de la parcelle se situe en effet sur le coteau, avec un point haut autour 63,50 m NGF, tandis que l’angle nord-ouest de l’emprise se trouve en contrebas, autour de 57,20 m NGF, au débouché d’un petit talweg dans le lit majeur d’un affluent de la Mayenne, dénommé la Chevalerie.
Dépôts alluvionnaires du ruisseau de la Chevalerie et rebuts d’un habitat médiéval
Dans ce dernier secteur, concerné par la tranchée 2, l’intervention a mis en évidence une succession de dépôts de pente dans la partie supérieure de la stratigraphie et des dépôts argilo-sableux alluvionnaires, hydromorphes, liés à des crues du ruisseau, dans la moitié inférieure (DE201). Le substrat n’a pas été atteint. Aucune structure n’a été identifiée, mais cette séquence, en particulier les argiles saturées en eau, a livré une assez grande quantité de céramiques médiévales, dont de nombreux « mortiers », dit à « œil de perdrix », attribués aux 13e-14e siècles. La proximité des ateliers de production, à Saint-Pierre-le-Potier, et surtout dans le bourg de Thévalles, aurait pu expliquer cette concentration, mais il semblerait que le lot corresponde davantage aux rebuts d’une occupation domestique située à proximité immédiate (absence de ratés de cuisson).
Des structures excavées associées à la ferme des Gandonnières (fin du Moyen Âge, époque moderne)
Pour le reste, les vestiges découverts sont à mettre en lien avec une exploitation agricole, attestée par les textes depuis la fin du 15e siècle. Les tranchées 3 et 5 ont permis d’identifier quatre fosses indéterminées et un petit fossé associés à des céramiques du 15e au 18e siècle (FO302, FS301, FS302, FS501, FS502). Dans la tranchée 1, un chemin de graviers damés (VO102), bordé d’un fossé (FO101), encore en usage au 20e siècle, a été sondé. La tranchée 4 est celle qui a livré le plus de céramiques modernes, dans un épais remblai destiné à aménager une terrasse (RE401). Enfin, au sud-ouest de la parcelle, dans la tranchée 6, implantée en bordure de la cour actuelle, un bâtiment carré semi-excavé, d’une surface interne de 1,5 m², a été dégagé dans le substrat (MR602). Le niveau de sol pavé était conservé (SL607). Divers récipients en céramique (pot de fleurs, pot à beurre, etc.) et une monnaie de Louis XVI de 1789 ont été trouvés dans le comblement de la structure. La fonction exacte de ce petit édifice reste à déterminer (toit à porc ? latrines ?).
Un bâtiment agricole contemporain
Toujours en tranchée 6, le mur d’un second bâtiment, sans doute à vocation agricole, a été mis au jour (MR601). Il est constitué de plusieurs pans de maçonnerie successifs en béton de chaux coffré, dans lesquels des fragments de faïence et de briques plâtrières ont été observés. On peut donc dater cette construction des 19e-20e siècles. Le bâtiment a été détruit à la fin des années 1960.
Les bâtiments actuels (logis et grange), dont la démolition est envisagée, pourraient dater des 18e et 19e siècles, mais nous n’avons pas été autorisés à les visiter.