Diagnostic, 52 allée du Ronceray (2023)


Le diagnostic archéologique, réalisé au 52 allée du Ronceray à Laval, a porté sur une parcelle de 884 m², ouvrant directement sur le quai matérialisant aujourd’hui la rive droite de la Mayenne. Il s’est déroulé aux environs immédiats de l’actuelle basilique Notre-Dame d’Avesnières, cœur de la paroisse éponyme et de l’ancienne commune du même nom. Celle-ci, rattachée à Laval en 1863, est issue d’un bourg, fondé au cours du troisième quart du 11e siècle autour de cette église et d’un prieuré féminin qui y était associé. Le site diagnostiqué correspond à la partie nord-est de l’emprise présumée de ce prieuré médiéval. Il s’agit de la première opération archéologique portant sur cet établissement religieux, relativement peu connu.

La présente intervention a permis l’observation de vestiges et biens mobiliers s’échelonnant depuis le début du Moyen Âge central jusqu’à une époque récente. Certaines structures mises au jour pourraient se rattacher à l’occupation du prieuré médiéval sans que cela soit pour autant certain. On dénombre également plusieurs vestiges liés à l’édification ou concomitants du fonctionnement d’un bâtiment, toujours en élévation aujourd’hui, et occupant la partie centrale de l’emprise. Celui-ci, dit ancien presbytère d’Avesnières, n’a malheureusement pas pu faire l’objet d’une étude de bâti au cours du diagnostic. Viennent ensuite des structures témoignant du fonctionnement et de l’évolution de l’espace aux époques moderne et contemporaine, jusqu’aux aménagements récents liés à l’élargissement du contournement routier de Laval en 1974 et aux réseaux desservant la parcelle.

Cette opération met donc en exergue le potentiel archéologique majeur du quartier d’Avesnières, encore trop peu documenté archéologiquement. Toutefois, il faut également souligner l’assez mauvaise conservation des vestiges, et notamment l’absence notable de niveaux d’occupation, à rapprocher certainement d’importantes modifications de la topographie du secteur, parmi lesquelles l’édification des quais au 19e siècle. Les structures mises au jour sont par là même relativement déconnectées les unes des autres et il est difficile de les mettre en relation pour brosser un portrait représentatif de cet espace et de son évolution.

 

L’occupation antérieure à l’édification du bâtiment dit de l’ancien presbytère (11e-13e s.)

Les vestiges les plus anciens découverts au cours de l’intervention sont, dans l’ensemble, assez ténus et difficiles à caractériser et identifier. Ils correspondent à une maçonnerie, très mal conservée, une fosse probablement dépotoir et un remblai. S’y ajoutent deux murs délimitant une cave dont l’emprise complète ne peut être déterminée. Toutefois, une hypothèse peut être avancée qui propose de lui restituer une superficie de 60 m². La fonction et la morphologie du bâtiment à laquelle elle se rattachait n’ont pu être établies. Il est proposé d’y voir un bâtiment du prieuré ou de sa périphérie immédiate, mais cela reste à confirmer.

Ces différents vestiges ne sont pas bien datés ; ils n’ont livré que très peu d’éléments chronologiquement discriminants. Ils paraissent toutefois attribuables au Moyen Âge central (11e-13e siècles).

À ces vestiges, peuvent être associés 94 tessons de céramique correspondant à des productions elles aussi datables des 11e-13e siècles. Ces tessons, mis au jour au sein de structures plus tardives ou dans des niveaux de colluvions, témoignent d’un investissement relativement intensif du secteur dès le Moyen Âge central.

 

L’occupation contemporaine de l’édification du bâtiment dit de l’ancien presbytère (15e s.)

La phase suivante regroupe plusieurs structures (couches de démolition, maçonneries, remblai et séquence de nivellement) associées à l’édification et au fonctionnement du bâtiment principal de l’emprise diagnostiquée.

D’après le mobilier recueilli au cours du diagnostic, mais également d’après les résultats d’analyses dendrochronologiques ayant porté sur ce bâtiment (qui demanderaient toutefois à être confirmés par une étude du bâti), cette phase paraît pouvoir être attribuée au courant du 15e siècle. Cette datation est d’autant plus convaincante qu’elle est cohérente avec le contexte historique local, marqué par un dynamisme notable au lendemain de la guerre de Cent Ans. Comme pour la cave de la phase précédente, il est délicat d’établir qu’elle était la fonction d’origine de ce bâtiment voire même d’affirmer son appartenance au prieuré. Une hypothèse d’édifice de stockage lié aux fonctions de centre domanial de l’établissement religieux peut toutefois être envisagée.

 

L’occupation postérieure à l’édification du bâtiment dit de l’ancien presbytère (16e-18e s.)

Plusieurs structures témoignent de l’occupation de l’espace diagnostiqué après l’édification du bâtiment dit de l’ancien presbytère. Ces vestiges renseignent sur l’évolution de la parcelle pendant les périodes moderne et contemporaine. Il s’agit toutefois de vestiges ténus, déconnectés les uns des autres et qui ne permettent pas de réellement comprendre le fonctionnement et les usages de cet espace.

 

L’occupation récente (20e s.)

L’évolution récente de la parcelle, telle que perçue au cours de l’intervention, est avant tout marquée par un important nivellement ayant touché toute sa partie méridionale. Celui-ci peut être rapproché de l’élargissement du boulevard et du pont d’Avesnières, pour les adapter au flux automobile des dernières décennies du 20e siècle. Il a entraîné une réorganisation importante du jardin, matérialisée par l’installation de nouvelles allée et cour qui, au final, donne à la parcelle sa configuration lors du démarrage de l’intervention.